Communiqués

Léa Pool
Prix Albert-Tessier 2006

Québec, le 8 novembre 2006 – La plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine de la cinématographie, le prix Albert-Tessier, est décernée cette année à la cinéaste Léa Pool. À travers une dizaine de longs métrages, quelques courts métrages et plusieurs productions télévisuelles, elle a exploré tant la fiction que le documentaire, plaçant au cœur de sa démarche la quête de l’identité, et plus particulièrement celle des femmes.

En 1975, Léa Pool quitte la Suisse où elle est née et vient étudier à Montréal en communication. Quelques mois après avoir obtenu son baccalauréat, elle entreprend la réalisation de Strass Café, tourné en noir et blanc et dont la première aura lieu en 1980 à Montréal. Parallèlement à sa carrière de cinéaste, elle enseigne le cinéma et la vidéo à l’Université du Québec à Montréal, de 1978 à 1983. De plus, elle donne des séminaires et des cours de maître dans des universités américaines.

C’est par La Femme de l’hôtel, en 1984, que Léa Pool se fait connaître à un plus large public. Le film, construit autour de trois femmes, est considéré par le public féminin, voire féministe, comme un film-phare. Suit Anne Trister en 1986, où la cinéaste aborde ouvertement, mais avec pudeur, un sujet peu traité jusqu’alors, le lesbianisme. D’autres films sortiront au cours des années suivantes, dont À corps perdu en 1988, Hotel Chronicles en 1990, La Demoiselle sauvage et Montréal vu par… Rispondetemi en 1991, Mouvements du désir en 1994, et Emporte-moi, cinq ans plus tard. De ce dernier, la cinéaste dit qu’il résume en quelque sorte tous ses films.

Léa Pool tourne ensuite quatre documentaires, qui sont autant de récits : Échos du futur, Le Tango des sexes, Lettre à ma fille, tous trois en 1996, et Gabrielle Roy, deux ans plus tard. La cinéaste accepte ensuite des contrats avec des scénarios clés en main et qu’elle tourne en anglais. Cela donne naissance à deux longs métrages qui ont du succès : Lost and Delirious en 2001, et The Blue Butterfly en 2004.

La réalisatrice bâtit ses films autour de thèmes universels tels que la solitude, l’exil et les relations avec les autres. Dans les thèmes comme dans la forme, son travail a su évoluer et mûrir tout en restant fidèle à ce qui en fait l’originalité profonde. S’il est vrai que les créateurs sont des miroirs de la société dans laquelle ils vivent et des messagers de l’inconscient collectif, Léa Pool est assurément une porte-parole privilégiée de la réalité et de l’imaginaire québécois. Sa quête identitaire, nourrie par la réalité des immigrants et la dualité homme-femme, traverse son œuvre, proposant un regard sensible et perçant, à la fois intérieur et extérieur, sur ce que nous sommes.

Léa Pool travaille présentement à l’adaptation du roman de Gil Courtemanche, Une belle mort, ainsi que sur Cantique des plaines, de Nancy Huston. Elle précise : « J’ai encore l’impression d’avoir du temps pour réaliser des films même si je suis actuellement perplexe face à ce que pourrait être mon futur cinématographique. »

Ses films ont été présentés dans une quarantaine de festivals dans le monde et ont remporté une dizaine de prix au Québec et une quarantaine de prix internationaux. Léa Pool a été faite chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres de France en 1994. L’Université du Québec à Montréal lui a remis un Prix d’excellence Émergence en 1993 et un Prix reconnaissance en 2006.

Le prix Albert-Tessier qui lui est attribué aujourd’hui vient récompenser la cinéaste pour l’ensemble de son œuvre rigoureuse et passionnée. Sa démarche constamment marquée par des préoccupations esthétiques particulières lui confère une place d’exception dans l’histoire du cinéma québécois.

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